Le Guide de Poche du Mexicain

Les astuces de Caroline…

Votre enchiladas, vous le prendrez avec ou sans guacamole ?
Amateur de bonne cuisine, de culture, de plages de sable fin, vous êtes arrivé à destination… C’est l’heure de rajouter un peu de tabasco à votre vie !

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Sous ton soleil qui chante…

Pourquoi choisir entre la singularité des pyramides aztèques de Teotihuacan et l’effervescence des spring breaks de Cancún quand on peut avoir les deux ? Le chant des mariachis qui résonne à chacun de vos pas, les grains de sable qui glissent entre vos orteils, l’immensité de la civilisation maya qui se profile à l’horizon et le folklore de la rue qui s’offre à vous.
Le Mexique est un paradoxe, le trait-d’union entre deux mondes que tout oppose.  L’audace de Frida Kahlo, le timbre de Carlos Santana, la créativité de Guillermo del Toro ou encore le charme de Salma Hayek, la liste des trésors qu’il recèle est incommensurable. Territoire contrasté, terres arides révélées par un soleil ardent que côtoient des mégalopoles embrumées bordées de plages de sable blanc… Le Mexique invite à la contemplation et inspire la création.
Aussi, que vous passiez quelques semaines à vous dorer la pilule à Acapulco ou que vous ayez décidé de poser vos valises dans une bourgade aztèque, il va vous falloir vous accoutumer à un nouveau mode de vie.

Dis-moi ton surnom, je te dirais qui tu es…

Hola güero, il est plus que temps de se familiariser avec les usages locaux. Il va vous falloir plus qu’une moustache et un sombrero pour vous fondre dans le décor…
D’abord, il vous faut vous trouver un sobriquet à la hauteur de votre réputation avant que quelqu’un ne le fasse pour vous. Au Mexique, on dégaine le surnom plus vite que son ombre. N’essayez pas de trouver de ressemblance ou de cohérence avec votre patronyme, vous pourriez chercher longtemps. Votre ami José se fait désormais appeler Pepe tandis que votre collègue Eduardo se voit affubler du charmant surnom de Lalo et il n’y aucune explication vraisemblable à cela…
Si vous vous trouvez en présence d’une personne qui a la chance de porter le même nom que vous, appelez-la donc « tocayo/tocaya » pour l’impressionner.

Ensuite, si vous voulez passez inaperçu, oubliez le hochement de tête (et le haussement de sourcils typiquement polynésien) et acquiescez avec l’index. Si señor, testée et approuvée, cette technique vous permettra de passer incognito. Origine mexicaine certifiée.

Ahorita…

Ensuite, il vous faut adopter la philosophie du Yes Man, ou presque… Il est très rare que l’on vous réponde directement « non », les Mexicains ont une certaine propension à l’euphémisme et à la litote et préféreront vous faire patienter d’un petit « ahorita » en vous promettant d’arriver « en un rato » voire même « un ratito » pour les plus optimistes mais la durée est quelque peu aléatoire…
C’est d’ailleurs une autre spécialité locale, l’emploi du diminutif pour rendre tout beaucoup plus mignon. Pensez au joueur de football Javier Hernandez, surnommé « Chicharito », le petit petit pois…

Peut-être est-ce l’air des Caraïbes mais les Mexicains ont, comme nous en Polynésie, une notion toute relative du temps. Apprenez dès à présent à prendre votre mal en patience et à travailler sur votre susceptibilité. Ici, le « mañana »/ « ahorita » se rapproche davantage du « un de ces jours/quand j’aurai le temps ». Arriver en retard n’est pas perçu comme un manque de respect mais évitez tout de même de poser trop de lapins…

A Rome, fais comme les Romains…

Messieurs, sachez que la galanterie est toujours de mise au Mexique. Ouvrir la porte, porter les sacs et payer l’addition sont des pratiques loin d’être désuètes ici. Ce sont de petits gestes qu’on attend de vous.
Autrement, il ne vous reste plus qu’à impressionner votre rendez-vous par votre aisance orale et votre usage impeccable de l’argot en lui proposant de « rentar un carro » pour le week-end et de m’emmener son « doggito » à la plage.

Après cette petite leçon de spanglish, vous avez bien mérité de vous abreuver d’une petite cerveza. Libre à vous de rester à la Corona mais on nous murmure que les vrais Mexicains s’hydratent à la Michelada, un cocktail à base de bière, de Maggi, de sauce anglaise, du jus de tomates et de crevettes. Bon, peut-être préférerez-vous commencer par une Modelo ou une Dos Equis…

Une soirée digne de ce nom se poursuit indéniablement avec quelques shots de tequila et une bouteille de Mezcal. Promis, tous les bars du pays ne vous réservent pas le même sort que Quentin Tarantino dans From Dusk till Dawn…

Et un zeste de citron…

Que vous soyez un véritable cordon bleu ou un expert des boites Old El Paso, la règle d’or est de toujours rajouter du citron. Partout…, on a dit partout !
Tout bon Mexicain qui se respecte sait manier les tamales mieux que personne. Un peu de farine de maïs, de l’huile de coude et le tour est joué. Pétrissez la pâte de vos doigts, étalez-la de tout son long sur une feuille de bananier et ajoutez la farce. Parsemez le tout d’amour (et de citron…) et c’est parti pour une séance de hammam au cuiseur vapeur.

Bon, si vraiment vous voulez sortir la totale, préparez des chile rellenos (poivrons farcis) accompagnés de succulents huaraches en apéritif et partez sur une préparation de mole. Du poulet, une sauce épicée au cacao, quelques cacahuètes et bientôt tous vos voisins accourront chez vous le vendredi soir !

Et lâchez moi ce paquet de Pepito ! Ici, on grignote des fruits : des mangues, des papayes, des ananas et même des concombres, à ceci près qu’on ne les saupoudre pas de bonbon chinois, comme en Polynésie, mais de piment…

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L’équipe de Ratere vous remercie d’avoir voyagé en sa compagnie, n’oubliez pas votre sombrero dans le compartiment situé au dessus de votre tête et le petit guide placé sous votre siège. Nous vous souhaitons un agréable séjour.

P.S. : N’hésitez pas à nous envoyer vos astuces et vos souvenirs de vacances !

2019-08-07T11:37:45-10:00